mercredi 6 décembre 2017


Manuel d'intervention poétique #3 :
Pole Emploi des poètes

Comme si de rien n’était

Après une année sabbatique à sillonner
Le vaste continent de ma chaise
Je reviens parmi les miens
Squatteurs de l’instant
Ingénieurs de la fuite
Videurs du vide
Et tous mes potes de la langue dans le plâtre
C’est la fête sous le sourcil
C’est la parenthèse qui crame
J’en vois un là bas qui passe son CV au grille-pain
Histoire de faire monter la fièvre
Un autre en plein duel identitaire
Sur une musique d’Enio Moriccone
Il y a aussi des petits nouveaux qui tagguent sur les tables
Des propositions indécentes
Et juste à côté des invalides et des grands castrés
Des petits vieux qui fidélisent leurs lecteurs au bout du fusil
Ils draguent tous à mort
Et tous ont le virus du dimanche
La norme de la marge
La marge est un petit village de dingues
Où le soleil flippe de se promener tout seul
Me revoilà au bled
Frais comme un cul plongé dans la Manche
Motivé comme si j’étais payé
Je reviens dans mon cuir
Prêt à écrire sur au moins deux lignes
Que tout va bien
Que je vois beaucoup mieux les gens derrière leurs murs
Et certains murs honnêtes derrière les gens
Que la corne sur les doigts ne vient pas en tirant la corde
C’est une affaire de mots
Et on sait que les mots n’obéissent pas vraiment
Il faut de la poigne certes
Mais nous ne sommes rien sans nos lâchetés
Emploi et chômage à égalité
Eclair et paresse comme deux essuie-glaces sur nos vies
C’est sûrement ça le secret
Et on trinque à notre santé
Et on trinque à la réalité
Et pour une fois tout le monde ici est d’accord
Je crois que l’un des deux s’est fait virer

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