mercredi 29 novembre 2017


HOMO HIBERNATUS (pas trouvé mieux comme titre)


J’habite dans le frigo
C’est plus sympa que les plages de sable fin
Et puis je pourris moins vite que la moyenne
Des glaçons dans le cou pour rester frais
Colocation avec le beurre et le jambon
Je ne vois pas beaucoup de monde
Je n’entends plus le pathos de l’info
C’étaient mes conditions pour cette retraite arctique
Les heures passent
Ne reviennent pas
Et c’est comme si je me détachais de l’orbite terrestre
Comme si un mot valait un million
J’exagère mais c’est mon métier
Même si tout le monde a compris
J’insiste comme un huissier flairant une cachette
3 degrés à babord
Mes dents claquent en rythme
Je vois là bas à 10 centimètres
Le sens de toute chose qui arrive en béquilles
Mon sauveur ou ma victime
Je n’ai pas encore tranché fin
Il manque juste un peu de zik et de femmes
Comme souvent
En attendant que le SAMU daigne intervenir
Je gratte l’intérieur de la porte
Il y a une tâche ancienne de ketchup
Il y a peut-être moyen de refaire Lascaux à sa façon
Et peut-être même envisager
Une ouverture prochaine aux touristes
Moyennant quelques billets
On peut rêver avec des pieds froids
C’est encore possible
Ça y est ça va être encore une fin banale
Mais je vous assure on m’a donné cent euros
Pour que j’écrive cette phrase toute claquée

Tout est possible tant qu’on ne périme pas


Bordel, vu mon état exceptionnel

Je pensais que j’aurais fait mieux quand même

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