Dans le monde du travail depuis l’année 2009
Sa chance s’est montrée plutôt discrète
Où qu’il se pose
Où que ses fesses adhèrent
Malgré les rivets et la volonté de puissance
Malgré la glue et les doigts dans la porte
C’est toujours la place du mort qu’on lui laisse
Le siège éjectable à moyen terme
La chaise musicale dans la gueule
L’entretien préalable avant de se retrouver seul et pas payé
C’est comme ça un peu répétitif compulsif
Tapis rouge pour la sortie
Toujours bonjour au revoir sans parachute
Et son téléphone s’efface d’une dizaine de portables
A croire qu’il n’est pas fait pour travailler
A croire qu’il serait mieux chez lui à se fabriquer
Une place en bois de titane
Oui c’est possible lui ont dit les poètes
C’est possible tant que tu ne pisses pas trop loin
Il faudra aussi parfois que tu écrives
Ont ajouté les poètes très pragmatiques
Une place ne vient pas comme ça
Parce que tu l’aurais commandé sur Internet
Il faudra manger ta semelle comme Charlie
Et renoncer aux filles dans les jacuzzis
Il faudra aussi plonger dans les entrailles
Seul ou hanté
Les poètes expérimentés ont continué comme ça
A lui parler de la vie souterraine
Des détails du contrat
Ils continuaient à parler encore
Ça faisait déjà une demi-heure qu’il était parti
Il était parti retourner bosser
Certains témoins affirment même
Qu’il était parti en courant
Comme Michael Johnson en 1996