La poésie n’est pas un chien d’attaque très obéissant
Souvent elle se retourne contre son maître
Souvent elle cache un tibia ou une clavicule
Dans un trou au fond du jardin
Heureusement qu’il y a des prothèses à foison
Dans les livres qu’on n’a pas écrits
Heureusement qu’on peut piquer
Un peu de moelle à ses amis
Et se planquer sous un matelas de métaphores
Quand le jour se lève un peu trop tôt
Normalement le poète a une préférence pour les chats
Mais 3 siècles de domination ça suffit
Il faut savoir écrire comme un chien
Et louer son cerveau à des chiens
Si on veut siffler le monde un peu sourd
Et le voir faire allégeance
On peut toujours rêver c’est dingue
Aucun président ne fera des réformes là-dessus
D’ailleurs
Pour rester à couvert dans ce champ lexical
Si la poésie montre parfois les crocs
Ce n’est pas tant pour effrayer la galerie
Que pour se brosser les dents
Et chasser la mauvaise haleine du monde
Ceux qui prétendent que la poésie est glamour
Dans sa niche de panthéon
Sont beaux comme des CRS
Proposant une théorie du chaos un jour de peuple
Et si personne ne voit le rapport après deux verres
Ni le rapport entre les deux verres
C’est qu’il est minoritaire
Un peu étouffé par sa laisse
Dernière chose avant de passer à une activité salariée
Qui ne tolère aucune phrase gratuite
Si malencontreusement vous perdez votre chien
Ne le cherchez pas
Il serait capable de revenir empaillé
Ne le cherchez pas non plus ailleurs
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