Comme il me reste de l’argent
J’ai le droit de partir
Pas trop loin
Pas trop longtemps
Je connais un point de chute
Je connais les règles
Le quotidien se ferme à clé
La clé qu’on avale
Pour être sûr
Top départ
Quand les autres dorment
Mégot d’évasion
Vitesse et distance me carrossent
Quelques valises à trainer
Pour labourer les trottoirs
Egos de rechange
Détecteurs de terrasses
Pulls en cas de trahison solaire
Trois bouquins 
Pour ne pas se laisser faire
J’ai pensé à tout et c’est dommage
C’est dommage
De ne pas laisser les zones d’ombre
Me dire de quoi j’ai l’air
Après toutes ces années
Les kilomètres portaient un espoir
Et la mer au bout du rouleau
N’est pas forcément une impasse
Reste à plonger
A s’éloigner du bord
De tous les bords
Les vacances ne servent à rien d’autre
Qu’à déplacer nos dépenses
Et parfois quand on a de la chance
Casser la branche de son regard
Se tailler un bâton
Pour frapper la route
Frapper cette route trop sage
Où nous attendent les vendeurs de glace
C’est dommage
Tout le monde se prend
Pour Hansel et Gretel en short
Je me barre à vélo
Dans une course-poursuite invisible
Qu’y-a-t-il au bout de l’île ?
Des gens qui prennent des photos
Des enfants qui abandonnent leurs parents
Des animaux bien cachés
Et moi qui lance des pierres

Des pierres pour me prolonger