LA REGLE : il y a autant de poésies que de poètes

Exception : certains poètes sont persuadés qu’il n’y en a qu’une

Cause : précarité cérébrale ou phobie foudroyante de l’Autre

Conséquence : agression probable d’autres poètes en cas de contact

Exemple dans une cour de récré : « C'est sympathique ce que tu fais. Mais problème : suffit-il de retranscrire du langage très ordinaire de tous les jours en revenant à la ligne pour faire un "poème"? »

Version racaille : Touche pas à ma poésie sinon je te casse en deux comme un Twix

Réponses envisagées : scalp de silence, économie d’énergie, dignité sans béquilles, toutefois en cas d’infection présumée - et selon la gravité des faits prévue au code de la Poésie applicable en open space mondial : possibilité de renvoyer la balle à la vitesse du désir de voir cet anti-pote se prendre une éclipse de gueule 

En d’autres termes : l’autre joue n’est pas un paillasson

Ajustement : soyons constructifs comme une barre HLM

Objection compulsive : Ma poésie et pas la tienne !

Moralité : parfois la poésie descend de Street Fighter

Réalités en cours : certaines poésies se lèvent tôt le matin, d’autres engraissent les étoiles, quelques privilégiées ont pour managers de vrais arbres, des vents et des rivières au leadership naturel, quand à l’élite qu’on voit se presser dans des rayons VIP et dans les cours d’université, elle tète encore au sein et parfois c’est beau mais pas tout le temps, pas tout le temps… 

Rumeur : tout le temps qu’on passe à définir la poésie ça ne fait pas de la poésie

Final cut : on sera tous d’accord quand on aura inventé l’écriture sans écriture et la poésie sans guerre du feu, mais peut-être qu’on s’ennuiera un peu à ce moment là, comme un thon dans une boite…