Cet homme a dépensé tous ses mots
Ce sera un miracle s’il y a une suite
Après…. Si l’on veut bien être réaliste
Cet homme quand même loin d’avoir le charme
Et les pouvoirs d’addiction
D’une bonne série américaine
Nul ne le réclame comme un rein
Nul n’est prêt à troquer son intégrale de Guillevic
Contre ses prolongations narcissiques
Manque un scénar facile à suivre
Manque le papier-peint des morts spectaculaires
Et du sexe toutes les quarts-d’heure
La prochaine fois il mettra le paquet
Des cafés remaniant cent fois l’intrigue
La fièvre orbitale d’une lampe de 60 watts
Les copiés/collés ultra violents
Les cascades hallucinantes des figures de style
L’amour en faux-raccord
Et…
Et…
La télé s'allume
4 épisodes à la suite
Il annule tous les RDV avec la réalité du coin
Et dispense à ses amis d’obscures excuses
Et particulièrement incohérentes
Le coup de poing américain dans le poème
Peut-il faire pareil ?
Est-ce qu’écrire filme quelque chose ?
Silence on tourne en rond
Et toute poésie en production
Ressemble bien plus à un âne têtu sur un podium
Qu’à une actrice à moitié nue 
En phase de domination
Cet homme est au courant, il sait aussi
Qu'on peut faire passer une simple chaise de bureau
Constituée à 80 % de mousse
Pour un trône de fer
C’est une question de temps
Le temps qu’il faut pour qu’un type assis
Finisse par écraser toute la mousse
Le temps de choisir une des touches
Les plus polémiques du clavier
Entrée ou Supprimer ?
Toutes les séries veulent notre peau
Mais parfois ce n'est pas plus mal
de ne pas connaitre la fin