Je me suis levé
La poésie était partie avec un autre
Grand bien lui fasse
De toute façon je n’avais plus rien à dire
A part quelques insultes balistiques
Je préfère avoir faim
Une nouveauté
J’essaie le trampoline d’un café
J’essaie de monter sur le toit
La ville n’a pas trop changé
Quelques immeubles en plus
Quelques arbres en moins
Des câbles ont été tirés
Systèmes d’évacuation en place
Ils feront l’amour dans des appartements neufs
Ils feront l’amour jusqu’à ce qu’il y ait de l’amour
Ils s’engueuleront pour tester l’isolation phonique
Il y aura des pauses café et des pauses clopes
Et parfois ils essaieront de rêver ensemble
Comme deux guitares désaccordées
J’arracherais bien quelques antennes
Pour qu’ils soient tranquilles
Un chat en uniforme me rejoint sur le toit
Et me demande mes papiers
Je n’ai plus en stock que les lettres d’adieu
D’une poésie hautement infidèle
Faudrait que je me forme au roulé-boulé
Et que je revois le dosage du café
Une bonne idée
Embaucher des poètes productifs en intérim
Histoire de boucher les trous dans ma com
On n’y verra que du feu j’en suis sûr
Et le feu en poésie c’est déjà pas mal
Ça change des fonds d’écran essoufflés
Ça change des gens qui souhaitent tout éteindre
Ça me change de sens
Et je n’oublie pas ce que tu m’as dit
Tout le monde a le plan de la ville
Mais la ville n’a pas tous nos plans